A partir du nord de l'océan Indien où historiquement, se situaient les premières zones géographiques politiquement organisées, s'est développé le berceau des échanges. La navigation a permis de développer le contact entre l'Egypte, l'Inde et la corne de l'Afrique où aboutissaient des routes terrestres parfois lointaines venant d'Arabie ou de Chine.
L'océan Indien regroupe un océan regroupant des zones qui n'ont pas de division naturelle. Pour les Anciens, la mer Rouge et l'océan Indien étaient une seule mer: la mer Erythrée. Ils connaissaient bien la partie nord de l'océan Indien, avec ses trois grands golfes, le Sinus Arabicus, le Sinus Persicus, et le Sinus Gangeticus appelé par les Romains Mare Rubrum . Plus au sud se trouve la Mare Prasodum (mer verte) également nommée Mare Obscurum car elle est à peu près totalement inconnue.
Le rôle historique de l'océan Indien a, de tout temps, été plus proche de celui de la Méditerranée que du Pacifique ou de l'Atlantique qui ont d'abord été des obstacles. Les océans Pacifique et Atlantique sont ouverts du nord au sud. Cela représente une aventure de plusieurs milliers de kilomètres avant de toucher terre. L'océan Indien, plus petit que les deux autres, est ourlé de l'ouest à l'est en passant par le nord par des côtes et des ensembles îliens en certains lieux. La navigation est facilitée par le rythme des moussons dans la partie la plus septentrionale et à proximité des terres. L'océan Indien n'a pas seulement permis que les routes terrestres de l'ambre et de la soie, mais également que l'Orient et l'Occident entrent en contact.
Au nord, très tôt, les relations entre l'Ethiopie et l'Inde se sont développées dans le sens des latitudes. Certaines habitudes d'origine éthiopienne se retrouvent: usage de poivre et de cannelle, introduction de la canne à sucre, art de tisser le coton, influences artistiques et architecturales comme en témoigne l'architecture d'Axoum.
Un deuxième axe de type méridien s'est greffé à partir de la zone arabo-iranienne, de la corne de l'Afrique et de Socotra (île près d'Aden) point de passage coutumier. Si les rivages africains et de Madagascar ont pu être touchés par la navigation indonésienne, c'est à partir du nord, en mer Rouge et vers la corne de l'Afrique, qu'il s'est éveillé à la vie maritime.
En dépit des difficultés dues au manque de profondeur, à la pauvreté de l'abri précédé de massifs coralliens et parfois de rivages marécageux, la navigation vers et sur la mer Rouge et le golfe Persique se développa très tôt. Les voies maritimes sont équipées en hommes, en flottes, en relais, en traditions cernées de peuples de la mer. Il n'est pas sans signification qu'on ait pu tenir l'île de Bahrein pour le berceau des Phéniciens.
D'après les sources sumériennes, dès -2000, le bois d'oeuvre était importé d'Inde à Megan (sans doute Oman). Au VIème.av.J.C. ,Néchao insuffle une certaine renaissance à l'Egypte. Il rétablit les communications maritimes ou fluviales entre Méditerranée et mer Rouge et fait appel aux Phéniciens pour explorer les côtes orientales de l'Afrique. Entraînés vers le sud, les Phéniciens suivirent les côtes puis contournèrent l'Afrique, 2000 ans avant Vasco de Gama. Ils revinrent par la voie de la Méditerranée. Mais Néchao ne put continuer cette découverte.
Quelques preuves montrent que les Grecs pouvaient arriver jusqu'en Inde et un Indien en Egypte. Une dédicace d'un Indien au dieu Pan a été retrouvée au temple de Redesîya sur la route de la mer Rouge au Nil par le désert. Des fragments de papyrus montrent des marins grecs naufragés sur une côte barbare et reçus par le roi du pays, dont la langue est apparentée au Caranèse . Une pierre tombale bouddhiste d'origine ptolémaïque découverte à Alexandrie, témoigne du sauvetage, vers le 1er S.a.J.-C., d'un capitaine indien seul rescapé d'un voyage par mer venant de l'Inde. Conduit à Alexandrie, il servit de guide à Eudoxe de Cyzique, ce qui lui permit de rapporter des épices et des pierres précieuses.
Toutefois, le commerce restait tributaire des arabes et des Indiens A l'image des Arabes, les Indiens sont définis comme navigateurs. Les textes bouddhiques font de très fréquentes allusions au grand commerce maritime indien. Pline indique que les Singhalais naviguaient sur des bateaux à deux proues d'un tonnage de 3000 amphores, sans observer les astres (le pôle septentrional n'étant d'ailleurs pas visible) et en emportant des oiseaux qu'ils lâchaient pour en suivre le vol vers la terre. Il ajoute qu'ils se mettaient en mer seulement pendant quatre mois de l'année, s'en abstenant pendant cent jours après le solstice d'été...
Les Tamouls de la côte de Coromandel ont fréquemment débarqué à Ceylan des armées capables de conquérir une grande partie de l'île, ce qui suppose l'armement d'une flotte déjà considérable, comme ils en ont possédé plus tard sur les routes maritimes de l'Indochine et de l'Indonésie.
Cependant, le vent de mousson S.O. qui facilitait la navigation ne devait pas être utilisé par les Arabes à cause de la force de la mer et de la faiblesse des bateaux. Une nouvelle route maritime allat être découverte et faciliter les échanges.
Les échanges indo-romains du 1er siècle sont confirmés par au moins quatre ambassades indiennes à Auguste, une à Claude, à Trajan (117 après J.C.). Des ambassades viennent également auprès des empereurs Hadrien (117-138), Antonin le Pieux (138-161), envoyées par les Indiens Bactriens venues par voie terrestre, Elagabal (218-222), Aurélien (271-279) et Constantin (306-337). Le commerce de Rome dépassa l'Inde puisque les annales chinoises rapportent que Marc-Aurèle, en 166, envoya une ambassade en Chine pour inaugurer un trafic commercial .
Au début de l'ère chrétienne, des colonies de négociants indiens se seraint implantées dans les endroits les plus animés de l'Asie du S.E.. Les premières preuves de contacts entre l'Inde et l'Asie du S.E. sont des images de Bouddha découvertes en Thaïlande, au Cambodge, en Annam, à Sumatra, à Java et dans les Célèbes. Les écrivains grecs et romains relataient que, depuis des temps très anciens, une bonne partie du commerce africain à destination de Tyr et de la Syrie se faisait par l'intermédiaire de négociants indiens qui avaient des comptoirs dans les ports africains. Le commerce y était monopolisé par des Indiens et des Arabes en rapport avec les Indiens résidant ou ayant leurs bureaux sur les côtes d'Egypte, d'Arabie, de Perse ou plus souvent en Inde à Tatta dans le Sind, à Mandavie dans le Koutch, dans les ports du Kathiawar ou du golfe de Cambay, à Surat, à Calicut et dans les autres ports de la côte de Malabar.
De l'embouchure de l'Indus ou des ports de l'Inde, on pouvait transporter les marchandises jusqu'à la Méditerranée en suivant la côte septentrionale de la mer Erythrée et en naviguant dans le golfe persique puis en voyageant par terre vers la Syrie, Phénicie et Palestine. En dehors des grandes étapes de développement de la navigation Egypte-Inde depuis Alexandre jusqu'au Vème siècle, la route maritime a été doublée par une voie terrestre dont on doit tenir compte pour comprendre le trafic par mer et la concurrence par le golfe persique.
De tout temps, jusqu'aux plus anciens, l'océan Indien a été une zone de rencontre et contacts. Il est traversé par des axes de circulation pénétrant de plus en plus vers le sud et la haute mer. Réunissant l'Afrique, la mer Rouge, le golfe Persique, l'Inde et l'Asie, ces routes maritimes de type cabotage puis de haute mer vont dans de nombreuses directions complétant les routes terrestres. Ce centre d'échanges concurrence le foyer méditerranéen grec, gréco-romain puis romain jusqu'alors prédominant. Il fait descendre le centre économique vers le sud donnant à l'océan indien une activité importante et continuelle créant une nouvelle interface au cours des temps. De plus, il constitue un carrefour culturel privilégié .
Il n'est pas un océan qui ait tenu ce rôle de manière aussi constante ni avec un rayonnement aussi étendu, préfigurant les grandes découvertes de la période moderne.
( A SUIVRE )

Comments
@+
J'aime beaucoup ton article, on apprend encore pleins de belles choses ! Je te souhaite une très bonne soirée à bientôt mon ami !
J'aime que les océans soient "unsafe", ça ajoute à l'aventure car la vie n'est que risque et inconnu, autrement... ce n'est plus la vie !
@mitiés :-)